Techniques d'astronome amateur
Notions d

NOTIONS D'OPTIQUE

Le télescope Schmidt-Cassegrain

Les télescopes précédents représentent les combinaisons télescopiques fondamentales partir desquelles ont été dérivées d'autres formules. C'est ainsi qu'en associant la combinaison de Cassegrain avec la lame de Schmidt on a conçu le télescope Schmidt-Cassegrain dont le succès commercial fulgurant dès les années 1970 a largement contribué à la popularisation de l'astronomie amateur.

Cet instrument reprend la disposition du télescope de Cassegrain mais le miroir primaire est sphérique et une lame de Schmidt corrige l'aberration de sphéricité.

Le télescope Scmidt-Cassegrain
Figure 35 : Le télescope Schmidt-Cassegrain. Le relief de la lame correctrice est exagéré sur cette illustration.
Cliquer sur l'image pour obtenir les caractéristiques détaillées d'un télescope Schmidt-Cassegrain.

La dénomination de cette formule est critiquable (et critiquée) pour au moins deux raisons. D'une part, la méridienne de son miroir principal n'est pas parabolique alors que c'est justement cet aspect qui distingue le télescope de Cassegrain des formules voisines (Ritchey-Chrétien, Dall-Kirkham...). D'autre part, sa lame correctrice n'est pas disposée au centre de courbure du miroir principal, ce qui est une caractéristique essentielle de la chambre de Schmidt.

La conception du télescope Schmidt-Cassegrain ne suit donc pas les principes fondamentaux des combinaisons de Cassegrain et Schmidt mais l'usage a consacré cette association de noms pour le désigner.

Le miroir secondaire est habituellement sphérique et la déformation de la lame est calculée en conséquence.

La lame correctrice est toujours disposée au niveau du miroir secondaire pour limiter au maximum l'encombrement de cet instrument. Il en résulte une coma importante qui limite le champ exploitable à une petite valeur. Pourtant, si on acceptait d'éloigner la lame on pourrait annuler la coma. Il faut noter que dans cette nouvelle position la lame devrait avoir un profil légèrement différent.

Pour obtenir l'aplanétisme on peut aussi employer des miroirs asphériques ou un correcteur de champ placé en sortie de l'instrument. Toutefois cette dernière méthode peut apporter un supplément d'aberration chromatique.

Le support du miroir secondaire est fixé sur la lame de fermeture. Cette disposition évite donc les tiges métalliques nécessaires sur les autres dispositifs et qui génèrent les aigrettes de diffraction sur l'image des étoiles brillantes.

Ce télescope est aussi compact que le Cassegrain et sa fabrication a pu être industrialisée efficacement. Il a fait ainsi la satisfaction de nombreux acheteurs.

Lors des observations nocturnes, cette lame correctrice disposée à l'extrémité du tube reçoit souvent un dépôt de rosée qui met généralement fin à la séance d'observation. Pour empêcher ou retarder cette condensation de l'humidité, les utilisateurs déploient différents stratagèmes. Certains, allongent le tube du télescope avec un cylindre en carton. D'autres réchauffent la lame avec un sèche-cheveux dès l'apparition de la buée redoutée. D'autres encore, équipent la lame de Schmidt de leur instrument avec une résistance chauffante... Notez bien, que ces dispositifs thermiques ne sont pas sans conséquence sur la qualité des images obtenues.

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